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Exposition Jean-Marie LEDANNOIS



" Dans cette déchirure de l’horizon, vous pouvez voir des paysages, ils y sont, mais mon propos va au-delà
du descriptif... 
"

Jean-Marie LEDANNOIS

 

 

Jean-Marie LEDANNOIS (1940-2014)

 

Jean-Marie Ledannois (pseudonyme de Jean-Marie Boudot) est un artiste peintre abstrait, lithographe et céramiste né le 21 janvier 1940 à Sannois et mort le 27 mars 2014 à Boissy-Mauvoisin. Il fut élève de l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art. En parallèle de ses études, il suivra les cours de céramique d’Annie Martin-Talboutier (épouse du sculpteur Étienne-Martin) à Paris.

L’artiste vit et travaille à la campagne, sa principale source d’inspiration. Avec sa femme Collette (le premier soutien critique de son œuvre), ils recoivent à Boissy-Mauvoisin leurs grandes amitiés artistiques et littéraires telles que Régis Debray qui consacrera un livre à l’artiste.

Les œuvres de Jean-Marie Ledannois sont de prime abord joyeuses et procurent un réel plaisir. Mais à y regarder de plus près, elles reflètent également le caractère de l’homme. Il est en effet énergique et spontané tout en étant sensible et réfléchi. L’artiste aime son travail et la vie, chaque gouache est pour lui, une rencontre, une aventure, un délicieux mélange de volonté et de hasard. L’artiste est patient et minutieux dans la préparation mais il est rapide dans l’exécution, il travaille par petits coups. Le pinceau frôle le papier et l’artiste passe ensuite une brosse à sec de manière à faire ressortir le grain pour adoucir la première couleur. Le passage successif des autres couches posées en aplats transparents donnent alors naissance à des couleurs et des nuances méconnues qui émerveillent le spectateur.

Jean-Marie Ledannois est un homme surprenant, il sera aussi enlumineur en plein XXe siècle restituant les couleurs de peintures anciennes. Il est d’ailleurs ambidextre, dans le bras droit il a la force et dans le bras gauche, la précision.

 

 

 

 

 

 

 

Préface du catalogue de l'exposition

 

Pour comprendre l’œuvre de Jean-Marie Ledannois, il faut connaître l’homme, son histoire et son contexte de création. Fils d’une mère paysanne, l’artiste a une relation à la terre toute personnelle, c’est un amoureux de la nature dont les peintures représentent les quatre éléments qui la composent. De ce fait, l’eau, l’air, la terre et le feu orientent le choix de sa palette de couleurs si caractéristique. L’artiste est en effet connu pour ses bleus d’une incroyable intensité qu’il appose sur le papier avec beaucoup de nuances montrant ainsi que le sujet principal de l’œuvre est sans aucun doute la lumière. Force est de constater qu’il travaille les autres couleurs avec la même force et la même subtilité nous immergeant ainsi dans un monde mystérieux.

Jean-Marie Ledannois travaille dans sa maison atelier à la campagne (au hameau de Bléry dans les Yvelines) tout en écoutant de l’opéra baroque. Les sujets de ses gouaches ne se limitent pas aux paysages eux-mêmes, c’est aussi la rencontre entre la réalité qu’il observe et son inconscient, les émotions qui s’en dégagent. « L’artiste y puise aussi la satisfaction d’on ne sait quel désir intime, une vague sensation de retrouvailles qui provoque soulagement et détente» (1). Son inspiration, il la puise dans les bois et les champs qui l’environnent mais son enfance passée auprès d’un tuteur philosophe, le pousse à aborder la peinture de manière intellectuelle plus que décorative. Ne vous fiez donc pas à l’apparente simplicité des gouaches de Jean-Marie Ledannois, elles cachent un travail long et minutieux et sont le fruit d’une réflexion intense. L’artiste apprécie la vie et le travail, il a une passion pour l’aspect technique de son art. Il aime les matériaux, les outils, les supports qu’il pose sur une table en plateau après avoir comme il dit «fait sa cuisine». En effet, il prépare lui-même ses couleurs mélangeant pigments, gomme arabique et eau.

 

Face à ses œuvres, le spectateur est dans un premier temps figé par la puissance et la beauté des couleurs, ce qui le pousse à focaliser son attention sur le moment présent. Dans un deuxième temps, il est comme attiré à l’intérieur de l’œuvre, hypnotisé par des mouvements internes subtils et délicats d’ombres et de lumière. L’artiste projetant dans ses gouaches ses propres dualités, il provoque ensuite chez le spectateur l’afflux d’émotions contrastées telles que la joie et la mélancolie, l’apaisement ou l’énergie. Il est vrai que la peinture de Jean-Marie Ledannois est à la fois brute et nuancée, féminine et virile, mélancolique et heureuse. Ces émotions permettent alors au spectateur de chercher sa propre sensibilité pour mieux s’approprier l’œuvre.

Le grand talent du peintre est de savoir happer le spectateur par la couleur et de faire naître chez lui des émotions contrastées. L’artiste excelle dans la technique de la gouache qui seule permet ces effets d’ombres et de lumière si subtils. Les œuvres que nous présentons datent majoritairement des années 70, période durant laquelle il absorbe les apports de Joseph Albers (1888-1976) et de Mark Rothko (1903-1970) passant de l’abstraction géométrique au paysagisme abstrait. Malgré ces influences, l’artiste fait preuve d’une réelle originalité en cohérence avec une personnalité forte et sensible. Son œuvre constitue pour WD Art Gallery une découverte car l’artiste aimait vivre dans sa maison de campagne en solitaire et avait peu d’affinités avec les acteurs du marché de l’art. Cette première exposition est donc en phase avec l’ADN de la galerie qui est de vous faire partager notre passion pour la découverte et de contribuer avec humilité à donner aux artistes la place qu’ils méritent sur le marché.

Bertrand DELBOS

Manager et cofondateur de WD Art Gallery Modern

 

 

 

(1) "Ledannois (essai sur le peintre Jean-Marie Ledannois)", Éditions Pierre Horay, Paris, 1977

 

 

 

 

 

 

De l’abstraction géométrique au paysagisme abstrait

 

Durant les années 60, Jean-Marie Ledannois bascule rapidement dans l’abstraction prédominante de l’époque, même si dans certaines de ses œuvres on distingue encore le sujet. Les émotions de l’artiste prennent peu à peu l’ascendant sur ce dernier, l’artiste cherchant à peindre ses sensations face au paysage plutôt que le paysage en lui-même. Par la suite, il abandonne toute référence au réel accordant une importance croissante à la matière qui devient le substitut du coup de pinceau. Il malaxe et torture la peinture avec des subtilités infinies influencé par Jean Bazaine, Jean Fautrier ou Willem de Kooning. Vers la fin des années 60, il simplifie ses formes s’éloignant peu à peu de l’art informel et de l’expressionnisme abstrait, se rapprochant ainsi de l’abstraction géométrique.

Ce n’est qu’au début des années 70 que Jean-Marie Ledannois bascule complètement dans l’abstraction géométrique. Tout comme Joseph ALBERS, il refuse de s’exprimer avec une rigueur géométrique pure. De ce fait, ses carrés ne sont jamais complètement carrés, ses rectangles jamais complètement rectangles, ce qui donne une sensation simultanée d’équilibre et de déséquilibre dans une composition où l’harmonie règne de façon claire et puissante. La profondeur est donnée par la superposition des plans et le mouvement par la vibration des couleurs juxtaposées. Chaque plan est un monde de couleurs nuancées à part entier dans lequel l’artiste nous invite à entrer si bien par le jeu de mouvements subtils et délicats d’ombres et de lumière.

 

Mais ces mondes dans lesquels existent une certaine forme de liberté sont distincts tout en étant liés par la couleur comme forcés de coexister dans un tout très rigoureux. L’artiste avec ses œuvres nous montre-t-il cette liberté illusoire que nous aimerions tous atteindre ? Nous montre-t-il cette humanité heureuse mais prisonnière d’un destin tragique ? Comme à son habitude, il projette dans ses œuvres ses propres dualités faisant naître chez le spectateur des émotions contrastées.

Très inspiré par Mark Rothko, Jean-Marie Ledannois passe par étapes de l’abstraction géométrique au paysagisme abstrait. Le papier est alors parcouru par des tâches de couleurs différentes, placées dans un rapport géométrique et dont l’intensité diminue en allant vers les bords pour se réduire à des halos. Se libérant des apports des maîtres de l’art abstrait, l’artiste trouve ensuite son propre style à la fin des années 70.

A l’aide de grands aplats de couleurs nuancés, il fait naître chez le spectateur une impression d’infini faisant pressentir la présence d’une vie au-delà de la vie. Il appréhende alors l’œuvre par une contemplation méditative, il s’immerge dans les couleurs tout en étant perturbé par leurs interactions, la force et l’énergie qui s’en dégagent.

 

 

 

 

 

 

 

Les oeuvres présentées durant l'exposition

 

 

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